7 décembre 2016

Les 7 bonnes habitudes des dirigeants avec un haut niveau de pleine conscience

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Les 7 bonnes habitudes  des dirigeants avec  u haut niveau de pleine conscience

D’ après THE SEVEN HABITS OF HIGHLY MINDFUL LEADERS.

Ray Williams[1], Executive Coach, Vancouver.

Traduction et adaptation Jacques Grimaldi, coach Change-2-be.com

Dès l’instant où il se réveille, le dirigeant est bombardé de distractions et de requêtes. Les emails tintent dans son smartphone et boîtes mails. Les messages téléphoniques, demandes et rappels des nombreuses réunions à venir, requièrent son attention.

Les chercheurs ont montré que c’est juste après le réveil que nous libérons le plus d’hormones de stress ; la seule pensée de la journée qui est devant nous active notre instinct de survie et de combat et libère du cortisol dans notre sang.

Toute cette stimulation peut provoquer une attention et concentration éparpillées, un niveau de stress élevé et une réflexion accélérée. Pleinement attentif à ces énergies négatives, « les dirigeants en pleine conscience » maîtrisent les éléments de conscience qui régulent efficacement leurs états physiques, mentaux et émotionnels, pour une productivité et un bien-être plus élevés.

La plupart des programmes de développement pour dirigeants, mettent malheureusement encore et toujours l’accent sur des processus cognitifs et des approches concrètes et linéaires, avec un focus sur la stratégie, les aspects organisationnels, les aspects financiers et le marketing.

Malgré les résultats de la recherche promouvant l’intelligence émotionnelle, et les « soft skills » (compétences douces), elles ne sont toujours pas considérées comme essentielles à l’atteinte du succès. La plupart des ouvrages traitant du leadership, ciblent la manière pour le leader de réaliser plus, faire plus, mieux, plus rapidement, en obtenant des résultats spectaculaires.

Notre société est obsédée par l’idée d’un perfectionnement continuel de plus en plus rapide, causant des niveaux de stress élevés aux dirigeants et à leurs équipes et souvent détériorant le relationnel et le bien-être individuel.

Les agendas des dirigeants sont souvent remplis de réunions, confortant la croyance qu’elles sont indispensables et amènent plus de productivité ; ce qui n’est évidemment pas vrai ! Cette exigence constante pèse sur leur emploi du temps et peut produire du « power stress » (le stress du pouvoir), un état qui « vide » le leader, physiquement et émotionnellement.  Les conséquences   en sont un manque de clairvoyance, un esprit peu curieux et une vision étroite des choses. Peut-être encore plus grave ; les dirigeants peuvent se mettre à distance de leurs propres émotions.

Aussi efficace que la méditation de pleine conscience puisse être, j’ai constaté par mon expérience de coach dirigeant, qu’elle n’était pas suffisante. Même si la méditation de pleine conscience en fait partie, une conception beaucoup plus large des pratiques de pleine conscience est nécessaire, pour créer une stratégie de leadership puissante. Je vous propose ci-dessous les 7 bonnes habitudes qui caractérisent les leaders de pleine conscience.

  1. Se concentrer activement sur le présent.

En plus de la pratique de la méditation, permettant de mettre le focus sur le présent, une attention quotidienne à ce point est essentielle à la maîtrise de la pleine conscience. L’esprit du dirigeant peut être constamment tiraillé entre deux directions : l’avenir et le passé.

La réflexion sur le passé est généralement la conséquence d’erreurs commises ou l’analyse de problèmes déjà survenus. La tendance est de passer trop de temps à analyser les évènements passés au lieu de simplement en tirer les leçons applicables au présent. En fait, les événements et les situations ne se reproduisent jamais à l’identique ; il y a trop de variables.

Être préoccupé par l’avenir est très fréquent ; c’est le résultat de l’attention porté par le dirigeant à la vision prospective, aux objectifs ou à la stratégie. Cependant, prendre trop de temps à penser à l’avenir, peut empêcher le dirigeant de se concentrer sur le présent et ne pas avoir l’esprit ouvert aux différentes opportunités qui se présentent.

Focaliser sur le présent ne doit pas se limiter à des événements importants ou extraordinaires, mais également à des activités quotidiennes banales au travail ou à la maison. Cela concerne la prise de nourriture en pleine conscience, une promenade ou bien une écoute active de chaque conversation, évitant les interruptions, les multi tâches ou les distractions produites par l’environnement sollicitant nos sens.

  1. Conscience de soi introspective.  

Un élément important constituant l’intelligence émotionnelle est la conscience de soi ; un réflexe clé des leaders en pleine conscience.

Bien que la conscience de soi alimentée par le « feedback » des autres, cette compétence implique aussi le fait de s’arrêter et de prendre le temps de « regarder » ses propres pensées ; être attentif à et recevoir son état émotif intérieur au moment même où il apparaît.

Il s’agit de se relier régulièrement avec ses objectifs de vie personnels en prenant le temps pour la réflexion solitaire, en silence, protégé des interruptions.

  1. La gestion de l’énergie.

La gestion de l’énergie et non du temps, est une des clés pour une performance optimale des dirigeants en pleine conscience.

Cela consiste en une gestion de l’énergie mentale et émotionnelle et pas seulement physique.

Refaire le plein d’énergie implique non seulement faire de l’exercice physique, bien dormir, manger sainement et avoir une vie relationnelle enrichissante, mais aussi de s’exercer à l’auto compassion, l’empathie et la capacité à exprimer de la reconnaissance.

  1. Réagir intentionnellement plutôt que de réagir spontanément.

La recherche nous a montré à quel point notre comportement est épidermique, irréfléchi et « en réaction » ; conséquence de la construction par notre cerveau de systèmes de défense et de protection et des habitudes comportementales qui en découlent.

Les conséquences peuvent souvent être négatives et blessantes.

Les dirigeants en pleine conscience se montrent capables de « ralentir », être attentifs à leur respiration observant attentivement leurs états d’âme, et ensuite prenant une décision pesée et mesurée.

  1. Montrer de l’approbation et de la compassion.

La recherche a montré que des environnements de travail toxiques, avec peu de motivation des employés, un indice de satisfaction faible, peuvent être le résultat d’un manque de relations positives en particulier avec les dirigeants.

Les dirigeants possédant un haut niveau de pleine conscience, montrent dans leurs interactions avec les autres, non seulement de l’authentique empathie, de la retenue concernant les jugements et les critiques mais aussi une vraie compassion et tolérance pour les autres.

Ils désirent créer une culture de travail humaniste où le bien-être sera une valeur en progression pour lui et ses collaborateurs.

  1. De l’ouverture.

Cette habitude ne consiste pas seulement à être ouvert à des idées et des visions différentes, ce qui en général passe par des processus cognitifs, mais aussi à pratiquer ce qu’on appelle « beginner’s mind » (l’état d’esprit du débutant).

Ceci consiste à considérer chaque personne, chaque évènement ou situation comme une expérience nouvelle.

Cela permet d’éviter beaucoup de biais dans la prise de décision.

Cette habitude implique également une ouverture de cœur autant que d’esprit, pratiquant l’empathie et la compassion pour l’expérience, le « background » (le passé) et les visions d’autrui.

  1. Détachement, prise de distance.

Nos systèmes organisationnels ainsi que nos actions de développement du leadership sont souvent soumis à l’esclavage des résultats et du contrôle.

La culture du résultat est illustrée en quelques courtes expressions (par exemple : les données financières trimestrielles, les visions stratégiques à court terme du PDG…) de même que des systèmes de contrôles de management rigide (par exemple :  systèmes de classement des employés, enregistrement des performances et systèmes de surveillance.

Le problème que pose cette approche, est qu’elle étouffe la créativité et l’innovation et ignore le paramètre de l’incertitude liée à l’avenir.

Les dirigeants en pleine conscience peuvent avoir une vision de l’avenir désiré et une idée générale de la façon d’y arriver, mais savent qu’un attachement rigide et étroit à des résultats spécifiques produisent souvent déception et reproches pour « les erreurs » quand les résultats attendus ne se produisent pas.

Les leaders en pleine conscience sont flexibles, savent s’adapter et adoptent une stratégie autorisant d’essayer et de se tromper.

 

[1] Ray Williams est Président de Ray Williams Associés, une entreprise basée à Vancouver, qui propose des formations en leadership, coaching pour dirigeants, et des conférences. Ray est également l’auteur des livres : « Breaking Habits » et « The Leadership Edge », il a contribué à l’écriture du bestseller « Ready, Aim, Influence ». Vous pouvez le contacter à ray@raywilliamsassociates.com et le suivre sur Twitter @raywilliams. Lisez aussi comment la demande toujours plus exigeante de l’attention des dirigeants peut avoir un impact négatif sur leurs performances dans le nouveau livre de Ray : « Eye of the Storm » et comment des leaders de pleine conscience peuvent transformer des environnements de travail chaotiques.